La place de la subjectivité dans l’évaluation
Marc Maudinet
Directeur du CTNERHI
Dans cette contribution, Marc Maudinet interroge la recherche d’objectivité dans les démarches d’évaluation du secteur social et médico-social.
La loi de janvier 2002 renforce les exigences en matière d’évaluation. Mais rechercher une objectivité absolue ne doit pas conduire à nier la part de jugement nécessairement présente dans tout processus d’évaluation.
Une idée centrale
La subjectivité n’est pas ce qu’il faut supprimer de l’évaluation. Ce qu’il faut éviter, c’est l’arbitraire.
L’évaluation doit donc reposer sur une démarche rigoureuse, explicite et transparente.
Évaluer n’est pas contrôler
Évaluer consiste à produire une estimation et un jugement. L’interprétation d’une réalité dépend nécessairement de valeurs, de représentations et du contexte dans lequel l’évaluation intervient.
C’est précisément cette dimension qui distingue l’évaluation du contrôle : le contrôle vérifie la conformité à une norme, tandis que l’évaluation conduit à porter un jugement et à donner du sens aux informations recueillies.
Les cinq étapes de l’évaluation
Marc Maudinet montre que la subjectivité intervient à chaque étape du processus d’évaluation.
1. Définir l’objectif
Il faut déterminer la nature de l’évaluation et les types de décisions susceptibles d’être prises à son terme.
2. Choisir les critères
Les critères doivent être pertinents, indépendants, peu nombreux et pondérés. Leur sélection influence directement le résultat de l’évaluation.
3. Choisir les indicateurs
Les indicateurs permettent d’apprécier les critères retenus. Ils peuvent être qualitatifs ou quantitatifs et doivent apporter une information réellement pertinente.
4. Recueillir l’information
Interviews, questionnaires, analyse documentaire ou grilles : les méthodes retenues doivent permettre d’obtenir une information valide et fiable.
5. Interpréter les résultats
L’évaluateur doit mettre en relation critères, indicateurs et informations recueillies afin de donner du sens aux résultats et de préparer la décision.
Subjectivité, mais pas arbitraire
La conclusion de Marc Maudinet est particulièrement claire : vouloir supprimer toute subjectivité de l’évaluation est illusoire.
En revanche, les choix réalisés tout au long du processus doivent pouvoir être expliqués, argumentés et rendus transparents.
La rigueur de l’évaluation repose donc moins sur une prétendue neutralité absolue que sur la capacité de l’évaluateur à justifier ses choix.
Document d’archive
Retrouvez le texte complet de Marc Maudinet, « La place de la subjectivité dans l’évaluation », conservé dans la base documentaire d’Odyssées Citoyennes.
